Le conte de Noël

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il y a 4 ans

Assis à la table du restaurant de l’Hôtel du Pont de Saint-Rémy de Maurienne, je fulminais. En face de moi, ma belle-mère, Mauricette pignochait dans sa salade composée. Ce putain de Noël s’annonçait pas sous de bons hospices, en tout cas pas ceux de Beaune.

Les prémices remontaient à trois semaines quand Marion m’annonça qu’elle anticiperait sur les vacances. Ils (elle et son papa) partiraient le mercredi avec les e n f a n t s pour éviter les embouteillages. Mes beaux-parents possédaient un chalet au-dessus de Valloire et chaque année, nous y passions les fêtes de fin d’année. J’étais d’astreinte dans la nuit de samedi à dimanche et cela ne me dérangeait pas. Ce qui me dérangeait plus, ma belle-mère qui travaillait dans le commerce bossait aussi ce week-end.

— Comme ça, vous pourrez partir ensemble, dimanche après-midi. Maman finit à 13 heures. Tu ne voyageras pas seul ! C’est mieux,, minauda ma chère et tendre qui savait pertinemment que j’exécrais sa génitrice.

Bien évidemment, lorsqu’à 13 h, je voulus récupérer belle-maman, elle avait omis de prendre son sac, donc, passage obligé par leur maison : 8 km et une bonne demi-heure de perdue. Il fallut boire le café, une seconde demi-heure s’ajouta à la première. Coup de téléphone nécessaire à sa fille, ma femme, pour la prévenir que notre retard augmenta encore. Finalement, quand nous sortîmes de Lyon, le bulletin de 15 heures débutait sur France-Info. Bulletin qui nous apprit que la neige tombait en abondance en Savoie, même en plaine. Nous n’étions pas encore rendus, mais heureusement, Belle-maman remplaçait avantageusement la radio. Il me suffisait de ponctuer son monologue par quelques interjections appropriées.

La scoumoune nous rattrapa à La Tour-du-Pin où mon GPS me dérouta : carambolage monstre dû à la neige à la hauteur du Lac d’Aiguebelette. La galère, les routes secondaires de l’Isère, de l’Ain puis de la Savoie avant de retrouver l’autoroute après Chambéry à la nuit tombée. Ce n’était que le début de nos emm e r d e s. Les conditions météo s’aggravaient. Je commençais à m’interroger sur nos chances d’arriver à Valloire. En prime, belle-maman, de radio-potins s’était transformée en radio-récrimination. Pourquoi n’étions-nous pas partis plus tôt ? (si, elle a osé !) Elle l’avait bien dit qu’il fallait passer par la A42 et la nationale plutôt que la A43 où ça bouchonnait toujours ! Si on avait pris le train, Marion serait venue nous chercher à Saint-Michel, mais il avait fallu que je prenne ma voiture, etc.

Quand nous arrivâmes difficilement à l’entrée de la Maurienne, atteindre le chalet cette nuit paraissait impossible. Dormir dans la voiture, avec belle-maman et par ces températures, il ne fallait pas y penser. Par bonheur, Florian, un de mes anciens camarades de lycée avait repris un hôtel dans un B l e d paumé. Avec un peu de chance, il aurait bien des chambres. Je demandai à Mauricette de chercher son numéro. Une de ses (rares) qualités était qu’elle aimait les techniques nouvelles. Elle était accro à son smartphone et elle me dégotta le renseignement en moins de temps qu’il fallait à Chirac pour prendre sa douche*. J’appelai mon pote qui m’annonça qu’avec les vacances, son hôtel était complet.

En plaidant ma cause et grâce à notre ancienne amitié, il finit par me trouver UNE chambre, et une seule, sous les toits… avec tout de même un grand lit. Le pied, j’allais passer la nuit avec belle-maman. Hauts cris d’icelle : dormir dans le même lit que son gendre, vous n’y pensez pas ma pauvre dame ! Sa vertu, à cette vieille peau, ne risquait rien. Plutôt que de baiser avec elle, je me serais enfermé dans la salle de bain, mais il n’y en avait point, seulement un lavabo pour des ablutions rapides.

Pas qu’elle soit laide, Mauricette ! Malgré sa soixantaine en approche, elle pouvait encore plaire. Plantureuse, mais pas grosse, dotée d’une cabine avancée qui interpellait, elle avait la même taille que moi. Un visage intéressant où, à cet instant précis, flamboyaient ses yeux noirs en amande. Ridée, elle n’essayait pas de cacher son âge par des artifices comme le faisaient beaucoup aujourd’hui. Quelques années auparavant, elle avait renoncé aux cheveux longs pour adopter une coupe courte laissant vivre ses mèches grises. Mais y’avait tout le reste et c’était ma belle-mère. On avait des principes dans ma famille. À bout de patience et d’arguments, je finis par lui dire que je coucherais par terre, que Florian me prêterait bien un sac de couchage.

Florian nous avait installés à une table près de la cheminée où le feu crépitait. Le moment aurait pu être agréable si Mauricette n’avait pas tiré une gueule de 36 pieds de long durant tout le repas. Aussi fus-je soulagé quand elle décida d’aller se coucher. Le service fini, Florian me rejoignit et nous évoquâmes d’anciens souvenirs en compagnie d’une gnole de sa fabrication. Vers minuit, un peu gris, je montais me coucher. Je me déshabillai, à la lueur de lune qui filtrait par les persiennes en faisant le moins de bruit possible pour ne pas réveiller Mauricette. Ne gardant que mon boxer, j’allais me glisser dans le sac de couchage maudissant cette vieille chouette et sa pruderie, celle-ci m’interpella.

— Jérémie, vous n’allez pas coucher par terre, vous allez attr a p e r la m o r t ou au moins un lumbago. Je suis désolée, je ne m’étais pas rendu compte.

Je ne me fis pas prier. Le vieux plancher ne m’attirait guère. Je la rejoignis sous la couette. Prenant bien soin de ne pas la toucher, je me couchai en chien de fusil sur le bord du lit.

— Merci, Mauricette et bonne nuit.

Un ronflement me répondit : la cerise sur le gâteau. Au moment où le sommeil me gagnait, Mauricette vint se plaquer contre moi. La panique me saisit : elle n’allait pas… mais non, elle dormait comme une bienheureuse. Sans doute l’habitude de venir s’appuyer contre beau-papa. Malgré l’inconfort de la situation et ses tétons pressés contre mon dos, je finis par m’endormir.


L’orage, les éclairs, le tonnerre me réveillèrent. On se serait cru à Coventry sous les raids nazis (désolé, si c’est un peu intello ! Mais y’a wiki !). Les ongles de Mauricette se plantaient dans la chair tendre de ma poitrine : ma belle-mère ne devait pas aimer l’orage. Puis ce fut la foudre. Un rai de lumière insupportable transperça les volets suivi d’une explosion « assourdissement » silencieuse, très proche, trop proche. Un grand vide. Le néant. Le réveil. Plusieurs constatations : les murs de la mansarde s’étaient volatilisés. Il faisait jour et grand soleil. Un bruit d’altercation attira mon attention. Dans le chemin en contrebas du pré dans lequel je gisais, deux personnages vêtus genre Moyen-âge gesticulaient. L’homme tentait d’embrasser la jeune femme qui n’avait pas vraiment l’air d’accord. Devant ce refus, le goujat leva la main sur elle et tenta de l’entraîner vers son cheval. Mon s a n g ne fit qu’un tour. Négligeant ma quasi-nudité, je me précipitai au secours de la belle assaillie. Je saisis quelques bribes de leur dispute.

— Tu vas me suivre, espèce de catin.

— Charmant, je vous répète que je ne suis pas Labelle.

— Que tu sois Labelle ou sa sœur, peu me chaut ! Tu vas me suivre en mon château où après t’avoir épousée, puisqu’il le faut, je t’engrosserai.

— Mon prince va vous occire lorsqu’il l’apprendra.

— Cette espèce de bourse molle qui court partout avec une pantoufle à la main, une pantoufle en verre (C’est fait exprès !) de surcroît. Un coup de ma rapière suffira à l’envoyer ad patres.

J’arrivai à l’instant où l’homme tirant trop fort sur la robe de la jeune femme libéra sa poitrine. Quelle poitrine ! Deux globes parfaits d’un blanc laiteux sur le haut desquels dardaient timidement deux tétons apeurés. Charmant m’apostropha :

— Holà, manant ! Quelle outrecuidance de lorgner ainsi le poitrail de ma promise. Et dans cette tenue ! Des braies à jambes courtes et qui dessinent tes génitoires !

Je m’aperçus alors que j’étais vêtu en tout et pour tout de mon boxer qui moulait mon service trois-pièces et chaussé d’une paire de baskets que je portais à l’a d o l e s c e n c e .

— Ta promise, Ducon, n’a pas l’air très d’accord pour te suivre alors tu la lâches et tu te casses.

— Je vais t’estourbir, paltoquet.

— C’est ce qu’on va voir !

Je me lançai à l’assaut. Gêné par la jeune femme qu’il maintenait, il dégaina sa rapière avec un temps de retard. Mon poing lui avait déjà éclaté le nez. Sa captive en profita pour mordre jusqu’au s a n g le poignet qui tenait l’arme. Sous le coup de la douleur, elle lui échappa. J’en profitai pour doubler par un uppercut qui l’envoya au sol.

Une main s’empara de la mienne.

— Vite, fuyons avant qu’il ne prévienne sa valetaille.

Nous fuîmes. Elle devant, moi derrière. Derrière qui tressautait d’ailleurs au rythme de sa course en faisant voleter sa robe marron qui m’hypnotisait. À l’occasion d’une petite côte, je revins à sa hauteur. Maintenant, mon obsession visuelle avait migré de son postérieur à ses seins qui ballottaient tantôt sur sa droite, tantôt sur sa gauche au gré des accidents de terrain. Leurs pointes s’étaient redressées, sans doute à cause de l’excitation causée par cette fuite. À trop regarder son poitrail, j’en oubliai de regarder où je mettais les pieds. Une racine traîtresse et je pris un aller simple pour un bouquet de ronces. La jouvencelle me retint et au lieu de m’affaler dans le taillis, je m’écrasai sur sa poitrine et en appréciai brièvement la fermeté.

— Pas le moment de jouer à Monseigneur Cauchon, me cria-t-elle en me repoussant et reprenant sa course.

Nous arrivions à l’orée d’un bois. Un bruit de cavalcade se rapprochait.

— Encore un effort. Il faut que nous atteignions la maison des sept nains. Ils nous protégeront.

Charmant, les sept nains ! Celle qui me précédait devait être Blanche-Neige ou Cendrillon, les contes ce n’était pas vraiment mon trip. Je nageais en pleine fantasmagorie. Pourtant ça n’avait rien d’un rêve si j’en jugeais par mon état d’essoufflement, mon rythme cardiaque et les gouttes de transpiration qui me piquaient les yeux. Je n’en pouvais plus (Jura ! Lavagulin ! Nikka ! Ardberg ! Pourquoi ai-je si souvent succombé à vos charmes vénéneux ?) alors que la donzelle semblait voler. Une clairière. Au milieu de cette clairière, une maison. Pas vraiment celle des sept nains, version Mickey, de mes souvenirs. Non, un bâtiment futuriste en forme de soucoupe volante avec de grandes baies vitrées, genre maison écoresponsable. Le seul point commun possible avec celle du conte était un toit végétalisé.

Elle pianota sur l’interphone. Une voix grave :

— Heigh-ho, heigh-ho, nous sommes encore au boulot ! Laissez-nous un message, nous vous rappellerons.

— Crotte, crotte, crotte et crotte, piétina la jeune fille. J’espère que prof n’a pas changé le code.

Elle pianota de nouveau. La porte s’ouvrit. Nous entrâmes précipitamment. La porte se referma derrière nous.

— Nous avons quelques minutes, messire mon sauveur. Mais Charmant et ses cavaliers ne sauraient tarder. Blanche-Neige m’a montré le réduit où elle se cachait. Il est strictement inv i o l able. Encore faut-il que je le retrouve.

Ce n’était pas Blanche Neige ce devait donc être Cendrillon. Comme un benêt, je contemplai sa blanche poitrine qui se soulevait au gré de sa respiration et ses tétons qui priaient le ciel.

— Messire, aidez-moi au lieu de manger ma poitrine de ce regard concupiscent.

— Mademoiselle, vous avez les plus beaux seins du monde, bredouillai-je.

— Ça ne m’aide pas beaucoup ! Je me rappelle : derrière le sèche-linge, on doit trouver une trappe.

Elle la trouva. Le réduit était conçu pour une seule personne et plus particulièrement pour un nain. Cendrillon, seule, aurait eu assez de place dans un confort relatif. Moi, avec mes 180 cm, j’aurais déjà été plus à l’étroit. Alors Cendrillon et moi, je ne vous raconte pas : deux sardines et sans l’huile pour faire glisser. Je pénétrai le premier dans la cache dans une position semi-accroupie. Elle glissa ensuite sa jambe gauche entre les miennes. Pour cela elle dut soulever sa robe. Lorsqu’elle positionna son autre jambe à l’extérieur, je m’aperçus au doux contact d’une toison luxuriante contre ma cuisse que la belle ne portait pas de culotte. Mon pénis réagit au quart de tour et s’éjectant de mon boxer vint claquer contre le genou qui ne pouvait se retirer. Elle plaça sa jambe extérieure et parvint à obturer la trappe alors que Charmant et ses sbires déniaisaient la porte.

Un autre problème se posait à moi : soit mon nez se glissait dans l’étroit sillon de son entre seins, soit je relevais la tête et ma bouche se trouvait opportunément à hauteur de la sienne. Malgré l’inconfort et la crainte d’être découvert, je ne débandais pas et les oscillations humides sur ma cuisse me laissaient penser que Cendrillon éprouvait les mêmes sensations. Tantale n’avait pas connu un tel supplice : la demi-heure que dura cette promiscuité nous parut une éternité.

Enfin, les bruits de la valetaille fouillant cessèrent. Nous attendîmes encore un bon moment. Charmant pouvait avoir rusé pour nous inciter à sortir de notre cachette. Le silence retrouvé, le mouvement de glissement sur ma cuisse s’accentua, un tétin se trouva coincé, par je ne sais quel hasard entre mes lèvres. Je ne pouvais que lui rendre mes hommages en le suçotant tendrement. Il n‘en fallut pas plus pour que ma codétenue ne se mette à soupirer bruyamment. Si Charmant et ses sbires traînaient encore dans la maison, nous étions cuits. Son gémissement de jouissance ne généra aucune réaction extérieure. Nous pouvions quitter notre réduit sans grand risque.

Nous « désincarcérer » ne fut pas chose facile. J’étais complètement ankylosé. Je n’eus guère le temps de me désengourdir. La jeune femme s’était jetée dans mes bras.

— Mon preux chevalier. Vous m’avez sauvée et réjouie. Êtes-vous Prince ?

— Euh non ! Je suis médecin.

— Je ne pourrai donc vous épouser. Dommage, car vous êtes fort bien constitué et aussi bien membré.

Se disant, elle vérifia manuellement son affirmation.

— D’ailleurs, votre flamberge demande sa récompense.

Elle tomba à mes genoux et, sans un mot de plus, m’emboucha. Après notre longue claustration, je n’allais pas durer longtemps. Ma sève montait, montait, mais le tir n’eut pas lieu. Alors que nous arrivions dans les dernières secondes du compte à rebours, une voix impérieuse retentit :

— Bonjour, je suis le fils Duroi, dit Monprince. Est-ce qu’une demoiselle vit ici ? Je cherche une demoiselle qui a perdu une pantoufle de vair.

Cendrillon abandonnant mon membre à son triste sort, bondit sur ses pieds et sans prendre la peine de se rajuster, se précipita vers la porte.

— Désolée, mon beau chevalier, mais c’est mon prince, Duroi Fils.

Elle sortit en courant en criant et gesticulant :

— C’est la mienne ! C’est la mienne…

J’assistai aux retrouvailles des deux jeunes gens. Cendrillon avait enchaussé la pantoufle et Monprince s’apprêtait à enchausser Cendrillon. Entre deux papouilles, elle me présenta brièvement comme son sauveur omettant tout détail gênant. Je voulus les interroger sur cet endroit et demander comment je pouvais retrouver mon hôtel, mais je me rendis compte que c’était inutile. Ils ne répondirent pas immédiatement à mes questions, trop préoccupés par leur libido. Seule ma présence les empêcha de coïter debout contre le chambranle. Comme j’insistais lourdement (après tout, j’avais sauvé sa gonzesse), Duroi fils, s’étant enfin décollé de sa dulcinée, me remercia de l’avoir sauvée, non sans lorgner avec envie sur ma « flamberge » toujours dressée.

— Mais qui êtes-vous, damoiseau bien pourvu ?

— Je ne sais plus qui je suis, monseigneur ! J’ai l’impression de me retrouver dans un conte de Noël un peu spécial.

Duroi fils dont les yeux baignaient encore dans les étoiles et son foutre dans sa queue n’entrava pas vraiment ce que je lui avais dit.

— Comte. J’étais sûr que vous étiez de noble extraction. Monsieur le comte De Noyelle, je suis à jamais votre débiteur. Demandez…

Il écouta vaguement mes doléances, trop occupé à lutiner les tétins de Cendrillon. Après s’être esbaudi de ma tenue, il demanda, à un de ses serviteurs, ses vêtements. Celui-ci, affreusement gêné, me donna un pourpoint qui m’arrivait à mi-cuisses, mais refusa, en se signant de me donner son haut-de-chausse. Puis pressé de se débarrasser de moi, Monprince demanda au même valet, son cheval. Celui-ci était équipé d’un GPS made in RPC à commande vocale.

Avant que je n’aie le temps de lui demander comment ça fonctionnait, il avait enfourché sa monture, Cendrillon s’installant devant lui. Un « taïaut, taïaut », un signe de la main et je me retrouvai Gros-Jean-comme-devant, seul au milieu de la clairière des nains.

Alors que je me morfondais intérieurement sur mon triste sort, j’entendis un ricanement félinesque (ne pas confondre avec un ricanement fellinien, beaucoup plus érotique). Je me retournai. Appuyé négligemment contre la porte d’entrée, un chat m’observait.

— Vous l’avez échappé belle, jeune homme.

Un chat qui parlait. Plus rien ne pouvait m’étonner.

— Ah bon ! À quoi ai-je échappé ?

— À la future Reine de Cœur !

Il dut lire mon ignorance.

— Une mégère qui vous aurait rendu malheureux ! Pauvre Duroi fils ! Il va sans doute se mordre les roubignoles avant d’y perdre la tête.

— Si vous le dîtes !

— Vous étiez plus sexy avec vos braies.

— Au lieu de vous moquer, voudriez-vous me dire, s’il vous plaît, quelle direction dois-je prendre pour sortir d’ici ?

— Cela dépend beaucoup de l’endroit où vous voulez allez.

— Je veux retrouver mon hôtel et ma belle-mère (c’est bien la première fois où je souhaitais la présence de Mauricette !). Nous devons rejoindre notre famille.

— En ce cas, peu importe la route que vous prendrez.

— C’est malin.

— Très malin. Vous ne manquerez pas d’y arriver, si vous allez droit devant vous assez longtemps.

— Pffff !

— Minet, Comte de Chester, vous salue bien.

Cette dernière réplique prononcée, le chat s’effaça littéralement. Son sourire sardonique flotta un instant dans l’air avant de disparaître.

Je me mis en selle. Heureusement, j’avais, dans une autre vie, pratiqué l’équitation. Je repérai aisément le GPS, car il ressemblait fort à ceux que je connaissais. Commande vocale, il avait dit Du… roi… fils. Qu’allais-je lui dire ? Affiche l’itinéraire pour me conduire à mon hôtel. Comme si dans notre monde, je lui demandai de m’indiquer comment me rendre chez ma mère ! Qu’est- ce que je risquai ? En articulant exagérément, je fis ma demande.

— Le lieu demandé n’apparaît pas sur ma cartographie. Veuillez reformuler votre demande.

C’eut été trop beau. Il me faudrait un magicien. Je lançai :

— Le trajet pour aller chez Merlin le chanteur.

Je dus me raccrocher au pommeau de la selle, car le cheval s’était mis en route. Il avait l’air de savoir où il allait. Je laissais faire. En croisant les doigts pour qu’il ne m’amène pas chez Le roi Merlin.


Nous chevauchâmes plusieurs minutes sans rencontrer personne. Puis au détour d’un sentier, nous rejoignîmes une jeune fille portant un pourpoint rouge. Je fis arrêter ma monture à sa hauteur. Une silhouette de page dotée de protubérances significatives à un endroit stratégique. Un joli minois aux traits fins, illuminé par de grands yeux noirs. Si, comme je le pensais, c’était le Chaperon Rouge, je comprenais mieux pourquoi le loup voulait la dévorer. Elle aurait aussi bien pu avoir quinze que dix-huit ans, mais dans les contes les filles n’ont pas d’âge. Elle posa à terre son sac à dos griffé Quechua et m’apostropha :

— T’es qui toi ? Et qu’est-ce t’as à me mater comme ça ?

Au niveau de l’éducation, ça laissait à désirer. Je décidai de répondre à sa question par une autre question.

— Et toi ? Tu es le petit Chaperon Rouge ?

— Encore un comique ! Pourquoi ma mère m’a appelé comme ça ?

— Tu n’es pas le Chaperon Rouge !

La drôlesse piqua un fard.

— Arrête ! Tu le sais très bien ! Tout le pays le sait.

Son énervement faisait plaisir à voir. Ses petits seins soulevaient sporadiquement la légère étoffe de son t-shirt Iron Maiden et comme elle n’avait pas de soutien-gorge.

— Je suis désolé si je t’ai blessée, mais je ne suis pas d’ici. Je suis perdu et je comptais sur toi pour m’indiquer mon chemin.

— Pas d’ici, me singea-t-elle.

Un déclic se produisit, son visage s’illumina.

— Oki ! C’est toi qui t’es bastonné avec ce bâtard de Charmant. Paraît que tu l’as bien amoché.

— Les nouvelles vont vite.

— Ben, c’est pas tous les jours qu’il se passe quelque chose. Tu veux un bout de galette ?

— Je croyais que tu n’étais pas le petit Chaperon Rouge.

— Non, pauvre tache, je suis auxiliaire de vie. Je vais chez la Mère-Grand, une vieille qui est au RSA (Revenu de Sorcière Assermentée). Je lui apporte les repas deux fois par semaine parce que c’tte conne s’est fait gauler son permis de voler. Elle s‘est fait piquer avec 2,5 g de salsepareille dénaturée dans chaque bras. Les gens d’armes du guet se sont régalés et lui ont confisqué son balai, jusqu’à la fin de l’année. T’as pas vu, ça a fait le buzz sur Fesse de Bouc. Depuis elle est au chômedu et à la soupe populaire. Et comme, sa taule est loin de tout, c’est bibi qui se paie la distrib’. Bon, si tu manges un morceau de galette, ça lui fera peut-être perdre quelques grammes à c’tte grosse truie.

Elle me tendit une part de la galette qu’elle venait de tirer de son étui et en grignota une aussi.

— C’est pas du fait maison. J’la prends à la supérette.

— Pas grave. Explique-moi pourquoi ça t’énerve tant qu’on te prenne pour le Chaperon Rouge.

— C’est bien parce que tu as fighté Charmant ! Mon nom de famille est Chaperon et mon père qu’était encore bourré quand il m’a déclaré en mairie n’a rien trouvé de mieux que de proposer Rouge comme prénom. Pourtant, il préfère le blanc, mais Blanc Chaperon ça aurait fait rire personne.

Je retins mon rire. Elle n’aurait pas apprécié.

— Pas facile à porter, effectivement. Est-ce que tu sais où je peux trouver Merlin ?

— À la Bergerie.

— À la Bergerie ?

— Ben oui, c’est là qu’il chante. Pourquoi tu crois qu’on l’appelle Merlin le chanteur ! T’es pas si vieux ! Merlin y chante pour les moyenâgeux.

— Où est-elle cette bergerie ?

— Est-ce que j’ai la tronche d’une bergère de Merlin, ricana-t-elle. Nan, j’en sais rien, j’ai juste vu sur une affiche dans un bar. T’as qu’à m’accompagner. Si quelqu’un peut te renseigner, c’est bien la Mère-Grand. Elle vit ici depuis une éternité et pi, même si, elle n’a pas plus le permis de voler, elle n’a pas perdu ses pouvoirs.

— Cool ! Elle est si vieille que ça ?

— Sûr ! Elle a au moins soixante ans. Et ça depuis des siècles !

Elle se réharnacha (en clair, elle remit son sac à dos à sa place). Elle me fit signe de la suivre. Je pris mon cheval par la bride et marchai à ses côtés. J’aurais bien voulu l’interroger sur son monde, mais elle ne me le permit pas, trop intéressée par la bagarre avec Charmant et la poursuite qui s’ensuivit. Je passais sous silence certaines séquences rapport à son jeune âge. Alors que nous arrivions dans une clairière au centre de laquelle s’élevait un minuscule pavillon de banlieue revisité par un garde forestier, elle me demanda :

— La Didi, elle vous a joué un air de flûtiau ?

— La Didi ?

— Cendrillon, quoi ? Elle t’a f o r c é ment joué un air de flûtiau !

Je la regardai interrogatif. À sa mimique goguenarde, je saisis l’allusion, mais me tins coi. Elle poursuivit :

— Vous seriez bien le seul à ne pas en avoir profité. Dès qu’elle voit un possesseur de cet instrument, il faut qu’elle lui tire un couplet.

— À part ce simplet de Duroi qui veut l’épouser !

La voix ironique qui venait d’intervenir dans la conversation appartenait à une femme d’âge mûr au physique avantageux. D’un corsage blanc passé, largement entrebâillé, s’échappaient deux globes majestueux. Bien que je supposais être en face de la Mère-Grand, cette personne n’avait rien à voir avec la frêle grand-mère du conte, excepté ses cheveux blancs. Elle portait une jupe en jean qui menaçait de craquer sous la tension que lui imposait son postérieur de reine, que dis-je d’impératrice. Son visage souriant n’avait pas connu le bistouri du chirurgien esthétique et affichait des ridules aux coins des yeux qui la rendaient très séduisante. C’est marrant, elle me rappelait quelqu’un.

— C’est ton nouveau petit ami ?

— Non, c’est l’étranger qui s’est bastonné avec…

— Ah d’accord ! Vous l’avez bien abîmé !

— Comment… ?

— Les nouvelles vont vite.

— Bon c’est pas tout, dit Rouge en sortant un panier-repas de son sac à dos et le tendant à la Mère-Grand. Faut que j’y aille.

— Tu as l’air bien pressée, ma biche.

— Oui. Je vais vite retrouver mon p’tit loup. Savoir que Charmant s’est fait casser sa gueule de connard me donne chaud. Et penser à Didi en train de jouer un air de flûtiau à ce jouvenceau me rend toute chose ! Je vous le confie. Il est perdu, le pauvre minet et il compte sur vous pour le mettre sur le droit chemin.

Rouge partit en sautillant me laissant en tête à tête avec la Mère-Grand.


— Attachez votre cheval à la barrière et suivez-moi. Sinon les voisins vont encore jaser.

Elle se détourna et se dirigea vers la maison. À part quelques moineaux qui piaillaient , je ne voyais pas bien qui aurait pu jaser. Je la suivis tout en profitant du spectacle. Après les tressautements du joli cul de Cendrillon, le balancement juvénile des fesses quasi masculines de Rouge, la Mère-Grand m’offrait à son tour un déhanchement suggestif. Si les deux premières n’y avaient mis aucune intention calentourachée, je soupçonnai immédiatement cette dernière d’en accentuer volontairement l’amplitude. Nous entrâmes dans ce que je supposai être sa cuisine, on se serait cru dans l’antre d’une sorcière disneyenne s’il n’y avait eu un écran plat diffusant BFM à la place du chaudron.

— Le damoiseau est perdu.

— Oui, madame, m’entendis-je répondre.

Cette femme m’impressionnait.

— Madame ! ricana-t-elle en se claquant les cuisses. Gentil damoiseau, personne ne m’appelle ainsi. Si tu es perdu, c’est que tu vas quelque part.

— Oui, mad… mais c’est une longue histoire.

— Ici le temps ne compte pas.

Elle sortit une galette de son emballage sous vide ainsi qu’une bouteille d’une boisson qu’elle me présenta comme du cidre. Elle s’assit sur l’unique chaise et me dit en tapotant sur sa cuisse :

— Assieds-toi.

Devant mon air décontenancé, elle ajouta :

— Tu ne vas pas me dire que tu ne t’es jamais assis sur les genoux d’une fille. Même si c’est cette souillon de Didi qui s’est assise sur la tienne.

— Comment vous sav…

— Les nouvelles vont vite par ici. Ne fais pas ton angelot. Viens.

Après tout, pourquoi résister à une telle invite. D’un geste spontané, elle remonta sa jupe et je m’assis sur ses blanches cuisses. Le siège s’avéra confortable, d’une fermeté moelleuse et d’une assise suffisante. D’autorité, elle colla sa main entre mes cuisses.

— Tu as des braies qui ne sont point d’une matière commune et douce au toucher, minauda-t-elle en caressant négligemment mon boxer. Narre-moi tes mésaventures.

Je narrai. Du moins, j’entamai ma narration. Je n’allais pas très loin. Comment aurais-je pu rester concentré alors qu’une main exploratrice s’était introduite sous mes « braies » et avait empoigné mon mandrin qui, ne pouvant ignorer cette intrusion, se gonfla d’importance.

— Beau braquemart, mon jouvenceau ! Cette gueuse de Cendrillon a dû se régaler !

Avec une f o r c e peu commune, elle me souleva, m’assit sur la table et me délesta de mon boxer.

— Pas de raison que cette souillon soit la seule à en profiter, lança-t-elle en engageant sa tête sous mon pourpoint.

Tandis qu’elle entamait une fellation qui m’amena au bord de la jouissance, j’enlevai ce vêtement qui avait perdu toute utilité. Amatrice expérimentée, elle se releva quelques secondes avant l’explosion finale.

— Soit ton arquebuse tire en rafale, soit la Didi n’a pu se délecter de ton nectar ! ricana-t-elle en se pourléchant les babines.

Elle se redressa, ôta son chemisier dévoilant une poitrine gonflée de nourrice aux tétons ocre, de la grosseur et la texture d’une framboise. Elle se tortilla pour se débarrasser de sa jupe. Elle ne portait plus qu’une cul… euh, en fait elle était nue. J’avais confondu sa toison noire avec une culotte. Toison noire qui remontait quasiment jusqu’à son nombril dissimulant son sexe aussi bien que l’aurait fait un vêtement. S‘apercevant de mon air ébahi :

— Ben oui, cheveux blancs, petit chat noir ! On peut ne plus être une pucelle de l’année et avoir quelque coquetterie ! Bon c’est pas tout, il faut battre le fer avant que le soufflé ne retombe.

Devant la vision qu’elle m’offrait, le soufflé ne « risquait » pas de retomber. Elle me saisit par les poignées d’amour que j‘aurai un jour, m’attira vers elle. Je me retrouvai debout adossé, plutôt acculé à la table. Elle s’approcha. La hauteur de la table convenait idéalement à ses desseins. Se dressant sur la pointe des pieds, elle s’empala sur mon membre. Passant ses bras autour de mon cou, elle coulissa sur ma queue, en usant comme un vulgaire artefact.

Ma virilité ne s’accommoda pas d’être ainsi traitée. Je m’agrippai au rebord de la table et profitait d’un moment où j’étais profondément enfoncé en elle pour opérer une poussée qui nous projeta au milieu de la pièce. Dans le mouvement confus qui suivit, la Mère-Grand se retrouva au sol avec moi-même au-dessus dans une position du missionnaire des plus classiques. Je la baisais avec ardeur, claquant mon pelvis contre son pubis. Je fermai les yeux pour décupler mon ressenti.


Elle planta ses ongles dans la chair tendre de mes fesses en criant :

— Oui, ouuuui ! Jérémie ! Oh !! Je viens… Ouuuuuuuuui !

Tiens, la mère-grand connaissait aussi mon prénom. J’oubliais : les nouvelles vont vite. Je n’approfondis pas plus la question, car moi aussi je venais. Je me vidai royalement dans ce vagin de contes de Perrault. La réalité me rejoignit quand une voix énamourée susurra :

— Oh, Jérémie, je n’aurais jamais cru qu’un homme puisse me procurer du plaisir.

J’ouvris les yeux et découvris le visage réjoui de ma belle-mère. Putain de retour dans la vraie vie. Retrait brutal. Je n’avais pas quitté mon rêve. Pas possible autrement. Pourtant, je n’avais jamais fantasmé sur belle-maman. Je regardai fixement le plafond. Ce n’était plus un rêve, mais un cauchemar. Un cauchemar où j’avais ressenti un plaisir d’une intensité jamais atteinte. J’allais me réveiller. Pourtant cette soupente, cette lueur blanchâtre d’une aube neigeuse, Mauricette transpirante à mes côtés tentant de calmer sa respiration : tout cela paraissait très réel, trop réel. Je n’osais briser le silence.

Mauricette parla. La première phrase qu’elle énonça alors que nos corps se désenlaçaient :

— J’espère que tu n’as pas le SIDA !

Ben, c’est sûr que dans les contes, y’a pas de préso ou alors en intestin de mouton.

— Belle-maman, si votre fille n’a pas d’amant, je suis aussi clean qu’au jour de notre mariage, répliquai-je instantanément.

J’étais fidèle à Marion et je supposais benoîtement que la réciproque était vraie.

Cette réponse lui cloua le bec, mais pas pour très longtemps. Je réalisai plus tard qu’il ne m’était pas venu à l’idée de lui retourner sa question. Jusqu’à ce foutu matin, imaginer Mauricette en train de se faire saillir relevait du domaine de l’impossible. Une seconde phrase suivit :

— C’est la faute de l’orage ! J’en ai toujours eu peur et ça m’a toujours électrisée !

L’orage avait bon dos. Elle s’était plaquée contre le mien bien avant que la foudre n’éclate.

Elle enchaîna par une troisième remarque :

— Cela ne devra pas se reproduire ! Il ne s’est rien passé. On oublie.

Je ne pus qu’opiner du bonnet… pas du chef, car celui-ci était en berne.

Elle termina avec un trémolo dans la voix :

— Mais, Nom de Dieu, Louis (mon beau-père) ne m’a jamais fait autant d’effet, pourtant c’est un sacré cochon qui ne manque pas d’imagination ! Mais cette intensité, jamais !

Je me tus encore une fois, mais sa fille, mon épouse n’était pas une sainte ou alors elle avait l’auréole mal placée et nous avions exploré, exploré et encore exploré puis recommencé. Marion n’avait ni a priori ni interdit, mais jamais je n’étais monté aussi haut pour un shoot qui n’avait aucune espèce d’originalité. Mauricette avait raison : la faute de l’orage.

Il ne s’est rien passé. Ben quand même ! Elle, qui ne faisait pas dans l’exib’, qui ne traînait pas à moitié à poil dans la maison, se livra, sans gêne aucune, à sa toilette intime dans le lavabo qui nous servait de salle de bain. Je pus apprécier sa plastique. Son cul libéré du carcan de ses vêtements avait la majesté de celui que j’avais baisé dans mon rêve. Pareillement pour sa toison : si elle n’avait rien de la démesure de celle que j’avais imaginée, elle était néanmoins très fournie et brune. Quand un début d’érection se manifesta, je m’empressai de m’habiller et descendis à la salle à manger. Mais il ne s’était rien passé.

Mauricette me rejoignit quelques minutes plus tard avec un sourire goguenard. Elle ne dit rien, mais elle pensait très fort. La remarque qu’elle fit en s’asseyant était révélatrice.

— Il vaudrait mieux, mon petit Jérémie, que nous ne passions pas une autre nuit ici.

Pas j’espère, « souhait », mais il vaudrait, « nécessité ». Je partageais son avis et son dépit quand Florian nous annonça que les routes étaient dégagées. Nous manifestâmes notre contentement bruyamment, trop bruyamment…

Le trajet fut silencieux. Chacun, dans ses pensées, revivant cet impossible moment. À la sortie de Valloire, Mauricette me prit la main, la serra :

— Jérémie, le ne faut pas…

— Non, Belle-Maman, il ne faut pas…

Ce Noël allait être des plus intéressants, un vrai conte.

Conclusion : c’est dans les vieux pots qu’on fait la meilleure soupe, encore faut-il avoir de jeunes carottes. (Ça n’a pas grand-chose à voir avec l’histoire, enfin si, un peu, mais j’avais envie de la placer !)

Domi Dupon

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